« Salut les filles ! J’ai une idée à vous soumettre » (ou comment écrire une histoire dans laquelle vous pouvez faire la misère à l’héroïne) – 4/5

Par Valéry K. Baran et Hope Tiefenbrunner.

Résumé de l’épisode précédent : Non contentes d’avoir accepté d’écrire un roman dont vous êtes l’héroïne en érotique, voilà que nous nous sommes lancées dans une chick-lit humoristico-érotique dans lequel vous pouvez faire la misère à l’héroïne + choisir avec qui elle finira l’histoire, le tout avec évolution psychologique/scénaristique (même pas peur).


Nous voilà donc parties sur les chapeaux de roues. Parce qu’on est en juin, en juillet, en août… parce qu’il y a les vacances d’été au milieu, les weekends de 3 jours, parce que la deadline reste proche et qu’on a intérêt à carburer… Mais on a un plan. On a des personnages et une histoire claire. On a chacune nos chouchous dans les intérêts amoureux possibles de l’héroïne… Alors on s’en choisit un chacune, et on part sur les chapitres les concernant.
Dans le désordre, du coup (même pas peur !). On s’envoie les chapitres quand terminés, on écrit les chapitres 14-15-16, avant de relire les 2-3-4 qu’a écrit l’autre, de les modifier et corriger, puis d’embrayer sur les chapitres 19 à 24… (même pas peur !).
On change, on adapte, on revient sur ce qu’on a déjà écrit parce que la lecture des chapitres écrits entre temps fait que ça ne colle plus, du coup, on relit ce que donne l’enchaînement du chapitre 3 avec le 7 (si la lectrice fait ce choix-là), puis ce que donne l’enchainement du 3 avec le 8 (si elle fait plutôt ce choix-là), on rivalise d’astuces pour trouver le moyen de faire en sorte que, quel que soit le choix de la lectrice, le résultat soit cohérent, les mots employés puissent correspondre à différentes situations, et que ça colle, à chaque fois… et que ça colle toujours.
On est des funambules, mais on n’a pas peur.
On nage, immergées au dernier degré, dans un bazar sans nom mais on n’a pas peur…
Et puis on est deux, et on brainstorme encore comme des dingues tous les soirs, et on s’échange sans arrêt nos chapitres, et on relit sans arrêt tout, et on modifie sans arrêt tout et, surtout… on se marre ! Parce que notre histoire nous plait vraiment et nos personnages nous plaisent vraiment, et que c’est génial de bosser à deux sur un roman comme ça. On rit, on s’éclate, on s’épuise, mais à chaque fois qu’on relit notre histoire, on la trouve vraiment bien, et on est vraiment contentes de nous.

Puis vient le moment où on enchaîne les ultimes relectures, sauf qu’il faut tout relire en prenant en compte les différents choix qui peuvent être faits, alors on essaye quinze combinaisons différentes chacune, et on adapte encore, et on traque les petits détails qu’on n’avait pas remarqués mais qui ne tombent pas nickel si la lectrice a fait ces choix à tel moment et pas ceux-ci… Et on arrive à un moment où vraiment, vraiment, on est contentes. On est sur les rotules, mais on est heureuses, et on envoie ça à nos bêta-lectrices pour qu’elles testent notre travail (en jouant le jeu, en faisant des choix) et nous donnent leurs retours dessus. Et on part toutes deux en vacances d’été.

A notre retour, le verdict tombe :

  1. Elles ont adoré
  2. Elles ont toutes deux choisi le même personnage à la fin et détesté le même autre personnage, quant aux deux autres : oui mais pas plus que ça.

Notre histoire colle mais nos différents intérêts amoureux ne sont pas équilibrés.

Et ça, ce n’est juste pas possible.

Suite et fin au dernier épisode.

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