Auteurs : Pourquoi on s’en fout (vraiment) de votre image d’auteur ?

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6 réponses

  1. Lune dit :

    Plus ou moins d’accord.
    La photo d’auteur n’a pas d’importance, j’en suis certaine.
    La communication peut facilement devenir nuisible, je le pense aussi.
    La promo est le boulot de l’éditeur, ce qui écarte cet aspect de l’image quand l’éditeur le fait bien… mais quid des autoédités et de ceux qui n’ont pas de pot sur la pub faite à leur livre ?
    On achète le livre, pas l’auteur. Mais est-ce que l’idée que l’auteur a du succès ou qu’on a aimé son premier livre prêté par un ami ne fait pas déjà un peu partie de l’image ? Celle de l’auteur en tant que plume, et non personnalité ou apparence, mais image quand même.
    La communication est à faire sur le livre et non sur l’auteur. Tout à fait d’accord. Et pourtant, le petit mot sur l’auteur n’est pas rare, à l’arrière des livres et/ou sur les sites d’édition. Ce petit mot pourrait s’éviter, mais dans le cas d’une promo effectuée par l’auteur ou l’y faisant participer, l’image de l’auteur est plus élaborée que « une plume ».
    Que l’auteur le veuille ou non, il en a une. Même s’il reste invisible, sans stand ni rien, cas où il aura l’image d’un être plus soucieux d’écrire que de parler de ce qu’il écrit (image plaisante, au demeurant, et même mythique). Ensuite… si elle est visible (même discrète) je pense qu’il vaut mieux qu’elle soit naturelle. Mais ça ne m’empêche pas de me questionner là-dessus. Je ne suis pas encore concernée, mais si j’ai un jour des séances de dédicace, je me demande s’il ne faudra pas que je simplifie mon style vestimentaire, qui est un peu « exotique » et dont je crains que, justement, il n’ait pas l’air naturel.
    Enfin… c’est assez superficiel de dire ça, mais les auteurs qui vendent vraiment beaucoup peuvent se dire qu’il n’y a pas besoin d’aider le livre à se vendre. S’ils acceptent des ITW, il y aura une image quand même. S’ils écartent toutes les offres de ce type, cela ne peut-il pas se traduire en image (voir plus haut) de l’auteur qui préfère rester en tête à tête avec son oeuvre ?

    • En fait, je suis parfaitement d’accord avec ce que tu dis. Ou quasi : nos avis ne doivent différer qu’à peu de choses près. ^^
      Pour ça, Jeanne le décrit bien, dans ses articles : la promotion est contre-productive, mais le marketing est efficace. C’est une question de vocabulaire, hein ? Elle met dans le marketing tout ce qui concerne le titre, la couverture, la quatrième de couverture du bouquin, la présentation de l’auteur derrière… Le boulot de l’éditeur, c’est ça, + envoyer quelques exemplaires en Service Presse, éventuellement contacter la Presse pour faire un article, et surtout négocier pour savoir bien placer leurs bouquins dans les librairies et sur les sites de vente. C’est ça, le marketing. Et après, bien sûr, il y a la « grosse pub », avec affichage dans le métro. Tout ça, ça marche, oui.
      Le reste… mais non. C’est du temps et de l’énergie perdus, qui feraient mieux d’être investis dans l’écriture de nouveaux bouquins. Ça n’empêche pas que l’auteur puisse avoir une image mais, comme je le disais, on se la fait, cette image, en lisant ses bouquins, pourquoi pas en le rencontrant en dédicace aussi, ou en lisant certains de ses interviews… Tout ça, ça joue, mais ça ne fera pas vendre plus de livres, en tout cas. Sauf si l’ITW est dans L’express, peut-être ? Là, on est sur une autre échelle, c’est sûr (je pensais plus à notre petite échelle, sur le net, en fait). Bon, et puis, après, on peut le faire parce que ça nous fait plaisir, hein ? Je n’écris pas cet article pour vendre, par exemple (à mon avis, c’est contre-productif, même xD) mais juste parce que j’en ai envie. 🙂
      Enfin, pour les auto-édités, je pense qu’ils ont intérêt à miser sur le marketing et la production. Tous ceux que je vois cartonner sont des auteurs qui écrivent beaucoup et qui gèrent très bien leur marketing. Les autres, ceux qui s’acharnent à faire de la pub partout pour leurs bouquins, à être sur-présents partout, etc. perdent juste leur temps. Mais ça, Jeanne l’explique très bien. 🙂

      • Lune dit :

        Oui. On est dans la nuance de formulation, mais globalement d’accord.
        Pour ce qui est des auteurs qui s’acharnent : c’est pire qu’inutile. C’est nocif à l’auteur (stress) et ça peut le devenir au livre (gaffes de communication)
        Quant aux auteurs qui passent dans l’Express ou à la TV… gardons ce genre de rêve pour la nuit ! Ca arrive à quelques-uns, mais tellement peu !
        🙂

        • Oui, d’ailleurs je lis le dernier article de Jeanne dans la série anti-promotion et elle le relève bien : https://romanceville.net/2017/12/04/le-cout-emotionnel-de-la-promotion Non seulement la promotion est nocive car elle fait perdre du temps et de l’énergie qui auraient pu être mis ailleurs (et même à se reposer, hein ? Ou passer plus de temps avec ses proches : les auteurs en ont aussi besoin), mais en plus elle est nocive car, en menant à l’échec, elle mène à l’amertume, aux questionnements sur soi-même (qu’est-ce que j’ai mal fait ? Qu’est-ce que les autres ont fait de mieux ?) et que ça peut réellement miner un auteur…

  2. Liliane Soulacite dit :

    Bonjour, je fais partie de ces auteurs qui écrivent sous différents pseudos (cela n’est pas né avec le web), qui en fait sont connus sans l’être. J’ai choisi de gagner correctement ma vie (c’est à dire des rentrées régulières, les fins de mois difficiles personne n’aime) en faisant ce que j’aime et ce que je sais faire, pas de chercher une notoriété qui, sauf exception, serait éphémère. De plus, je ne suis pas à la hauteur pour sortir un Seigneur de Anneaux ou du Discworld (dont il faut tout lire ! ).J’ai réalisé un rêve d’enfant, écrire. Sans chercher la gloire, en restant dans l’ombre parce que c’est confortable. Cela a un immense avantage : passer d’un style à un autre, jouer avec les genres, ne pas craindre les critiques (ce toute façon ce que je fais n’est jamais lu par les « intellectuels », oser écrire des choses qu’on n’oserait peut-être pas écrire si on était un auteur « connu ». Je n’y suis toutefois pas arrivée sans formation, j’ai un solide cursus comme base solide. Je vis ainsi très bien depuis 42 ans. Le conseil que je donne en général à ceux qui veulent écrire est de se concentrer sur l’écriture, pas sur un éventuel succès mondial, et de travailler TOUS les jours. Des Tolkien, des Pratchett, des Rowling, ils sont quelques-uns par siècle. Si vous êtes à la hauteur, on vous trouvera toujours. (je suis aussi lectrice).Je suis aussi quelqu’un que les éditeurs aiment : je suis prolifique et j’écris ce que l’on me commande dans le style demandé, sans état d’âme. Mais attention, c’est un travail qui demande de beaucoup beaucoup travailler (même avec 42 ans de pratique ! ), ce n’est pas un « job’ , il faut de l’organisation, de la rigueur, respecter la ligne éditoriale…il y a des dead lines, etc. la plupart du temps ce sont de longues journées. C’est aussi très confortable car l’on sait que l’on pourra avoir du travail jusqu’à la fin de sa vie.

    • C’est un commentaire très intéressant ! Merci Liliane pour ton apport. Tu rappelles beaucoup de points qui pourraient être des évidences, mais qu’il est pourtant utile de rappeler, et tu corresponds en effet au profil de plusieurs auteurs pro que je connais et qui réussissent très bien dans leur travail : ils travaillent beaucoup, ils sont réguliers et productifs, ils savent respecter les deadlines et ce qui est attendu suivant les éditeurs, ils concentrent leur activité sur le fait d’écrire, et ils parviennent très bien pour autant à écrire ce qui leur plait. 🙂

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