De l’usage du préservatif dans les scènes de sexe

Valéry K. Baran

Issue d’une famille d’enseignants en littérature, Valéry K. Baran a baigné depuis l’enfance dans la passion de l’écriture. Après plusieurs années animées par une grande soif d’aventures, elle a finalement renoué avec ce premier amour, livrant aux lecteurs des histoires chargées d’érotisme. Ses récits torrides font cependant toujours la part belle à la romance.

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14 Responses

  1. Juliette Di Cen dit :

    Tiens, en parlant des mille et une manières d’enfiler une capote, ou de jouer avec ce thème pour en faire une petite intrigue…

    La technique (Aucune promesse)
    « Emma savait instinctivement comment bouger sur sa hampe pour lui procurer le maximum de plaisir. Il aimait plus que tout sa manière de butiner autour de son gland avant de l’engloutir plus profondément.
    — Ooooh, Emma, ma douce, j’adore ce que tu me fais. Viens, on va s’allonger sur l’herbe, on sera mieux.
    — Non reste ainsi et laisse-toi faire. Tu es à ma merci assis sur ton rocher. Donne-moi un préservatif, s’il te plaît.
    Il lui tendit le petit sachet qu’il gardait précieusement dans une poche de son short posé à proximité et la vit déchirer délicatement l’emballage. Il crut manquer plusieurs battements quand elle pinça délicatement le réservoir de la capote entre ses lèvres, et s’avança de nouveau vers sa verge.
    Mickaël poussa un grognement de pur bonheur en sentant les lèvres dérouler lentement le latex sur son membre affolé. Satisfaite de son œuvre, elle lui lança un sourire en coin, véritablement invitation à la luxure. »

    L’intrigue annexe (Au commencement…)
    « Relevant rapidement la jupe qui faisait barrage entre leurs deux corps, il la hissa sur ses hanches, se découvrit tout en repoussant la lingerie de sa partenaire et l’empala profondément. Ils gémirent tous les deux de satisfaction alors qu’il se mettait à bouger entre ses cuisses. Le plaisir était si puissant qu’il ressentit le besoin de reprendre ses baisers, l’attachant à lui de toutes les manières.
    Soudain, elle poussa un petit cri paniqué.
    — Le préservatif !
    — Merde !
    En presque vingt ans, c’était bien la première fois que l’idée même de se protéger l’avait déserté. Et plutôt que stopper leur étreinte, l’instinct lui dicta de reprendre ses coups de reins afin de mêler leurs essences. Mais elle le repoussa avec l’énergie du désespoir, tombant sur ses fesses une fois libérée.
    — Bon sang, mais stop ! Je ne prends pas la pilule ! lui reprocha-t-elle en se relevant misérablement.
    Avec une autre, il aurait rangé bien sagement sa queue et l’aurait laissée en plan en l’entendant s’énerver. Mais un coup d’œil vers les seins libérés de leur rempart de dentelle lui retourna le cerveau une nouvelle fois.
    Retour à l’homme des cavernes sans passer par la case départ. Putain, mais qu’est-ce qu’elle m’a fait ?
    — Tu les mets où ? grogna-t-il, frustré.
    — Je n’en ai pas !
    On l’aurait cogné d’un uppercut qu’il n’aurait été plus sonné. Quelle nana se passait de capotes de nos jours ? La réponse lui parut évidente. Une qui ne baisait jamais. La place était donc libre ? Voulait-il y postuler ? Se rappelant des sensations extraordinaires éprouvées alors qu’il la pénétrait, Joffrey se mit à sourire et à la mater comme une friandise. Il avait une boîte pleine dans son propre studio qui n’attendait qu’une compagne à la hauteur pour la faire descendre… »

    La ludique (Apprivoise-moi)
    « Je finis par rouler sur le côté pour continuer sa fellation sans être distraite.
    — Non, viens sur moi, chevauche-moi, me dit-il les yeux brûlants de désir, la main farfouillant dans sa table de chevet.
    Souriant en le regardant se battre contre l’emballage d’une boîte neuve de préservatifs, j’imagine qu’il a dû en truffer tous ses tiroirs.
    — Tu en as planqué dans toutes les pièces ?
    — Heuuuuu… pour tout te dire… oui, réplique-t-il hyper concentré, en pleine lutte contre le plastique qui résiste.
    Pas longtemps. Mon amant est une bête fauve lâchée contre un pauvre morceau de blister. Je ris et lèche une dernière fois son sexe frémissant en signe d’affection, avant de me tourner. »

  2. Je suis entièrement d’accord avec vous, ça vient peut-être du fait que je suis professionnelle de la santé ou c’est générationnel. En ce qui me concerne, j’ai appris ce qu’était la sexualité avec les grandes campagnes pour le port du préservatif au début des années 90. Du coup pour moi c’est primordial, surtout que quand le couple décide de ne plus utiliser de préservatif c’est aussi une belle preuve d’engagement et d’amour.
    Justement ce soir, j’ai écrit un passage avec préservatif, je ne l’ai pas introduit dans la scène, mais j’en parle après. (Encore que comme c’est un premier jet, je peux encore le rajouter à la relecture.)
    « Un moment plus tard, nous nous câlinons entre les draps, l’emballage du préservatif abandonné sur la table de nuit. »
    Je suis allée chercher, un autre texte et dans celui-là il joue un rôle dans les jeux amoureux, mais je ne peux pas donner d’extrait, c’est encore à l’état de brouillon.

  3. vivianefaure dit :

    Tout à fait d’accord ! Ca me semble un truc tellement évident quand on parle de sexualité que au lieu de casser le rythme de la scène chaude quand il y en a, c’est au contraire son absence qui casse un truc pour moi, ça brise le réalisme de la scène, je trouve.

    Du coup j’y vais de mes petits extraits à moi aussi :

    « Elle interrompit le baiser à contrecœur.
    « Tu as des capotes ? »
    Elle détesta la note un peu trop aiguë que prit la fin de sa phrase, mais se força à continuer.
    « Je prends pas la pilule… »
    Marc laissa retomber la main qui s’était prise dans ses cheveux et en profita pour caresser toute la longueur de son dos se faisant.
    « Dans ma chambre. Le tiroir de la table de nuit. Tu y vas ? Ma cheville… »
    Amandine se leva sans répondre et courut presque jusqu’à la chambre. Elle trouva facilement la boîte de préservatifs. Il n’en restait plus que trois à l’intérieur. La boîte datait de l’époque ou Marc et Nathalie étaient toujours ensemble. Ça lui fit bizarre d’y penser.
    « Tu trouves ?
    — Oui, c’est bon. »
    Elle se hâta de rejoindre Marc et son malaise disparut rapidement en le retrouvant nu, les yeux brillants, les cheveux ébouriffés, les lèvres rougies par leurs baisers.
    « Je suis arrivée au bon moment, ils périment dans un mois », déclara-t-elle avec une fausse décontraction.
    Elle déchira l’emballage mais tendit le petit bout de latex à Marc pour qu’il l’enfile lui-même. »

    « Ils gémirent de concert quand elle referma ses doigts autour de sa verge. Elle n’en pouvait plus.
    — Capote ? souffla-t-elle.
    Il se souleva sur un coude pour récupérer son portefeuille dans la poche arrière de son pantalon. Dès qu’il en eut extirpé un préservatif, elle le lui prit des mains, déchira l’emballage et le lui enfila elle-même. Elle se souleva légèrement et le guida en elle. »

    « Comme pour parachever cela, Damien lui lécha l’oreille. Il ne lui en fallait pas davantage et elle se retrouva terrassée par un orgasme puissant. Elle revenait à peine à elle quand elle vit que Damien tenait une capote, qu’il avait fait apparaître comme par magie. Elle se souvint qu’il en gardait une boîte, dissimulée entre le coussin et l’accoudoir, précisément pour ce genre d’occasions. »

    • Valéry Kumfu dit :

      Chouettes exemples ! C’est marrant, en lisant nos extraits, j’ai remarqué qu’on avait tendance à utiliser « préservatif », avec Hope, alors que tu utilises « capote ». Les deux sont bien, en fait, mais on a finalement nos habitudes en termes de vocabulaire. 🙂
      Sinon, mais c’est pareil pour l’exemple de Jul, j’aime bien l’explication liée à la pilule pou se faire de se protéger mais, en même temps, elle ne me semble pas suffisante : on prend un préservatif avec quelqu’un avec qui on a des premiers rapports non pas pour ne pas tomber enceinte (ou pas que, parce qu’on peut aussi prendre la pilule et il faut quand même se protéger) mais pour se protéger et protéger l’autre. Du coup, j’avoue que ça m’embête de voir ça comme justification…

      • vivianefaure dit :

        Je suis d’accord : même si tu prends la pilule, le préservatif reste nécessaire. Dans ce cas-là, mon perso est pas très sûre d’elle et elle sentait le besoin de « rajouter un argument » parce qu’elle avait peur que son partenaire fasse des difficultés. Parce que les mecs qui font « nan mais c’est bon, j’ai fait un dépistage le mois dernier », ça existe dans la vraie vie. Si tu leur réponds que t’as pas de contraception, ils ont plus trop le choix.
        Sinon, moi en situation je dis « capote ». « Préservatif » me semble, je sais pas, trop sérieux, médical. Et du coup mes persos parlent comme moi.

        • Valéry Kumfu dit :

          Oui, c’est sûr que ça évite plus facilement les discussions. Et, si c’est la pensée du personnage, c’est normal qu’elle soit traduite. 🙂
          Ceci-dit, je t’avoue que, dans ce cas, j’aimerais qu’elle soit traduite ainsi, genre : « elle ne se sentit pas assez sure d’elle pour risquer qu’il remette en cause l’importance de se protéger et choisit alors un argument qu’elle savait convaincant ».
          Parce que, du coup, je comprends ton intention, mais ça m’a fait tiquer parce que je me suis rendue compte que, dans ces exemples, pour la plupart des auteurs, nous ne donnions finalement pas de raisons de se protéger à nos personnages (du genre c’est évident et puis voilà) et que les seules qui étaient données se retrouvaient du coup à être celles liées au risque de grossesse. Et c’est donc embêtant, parce que, à ce compte-là, l’argument du « pas la peine d’utiliser un préservatif puisque la fille prend la pilule » peut tout à fait apparaître comme valable alors que ce n’est pas le cas : même avec la pilule, il faut impérativement se protéger lors de rapports avec un nouveau partenaire. Voir ainsi avancé cette raison sans qu’il soit abordé le fait que ce n’est pas la bonne (et que le personnage le sait) me gêne donc.

    • Opelleam dit :

      Et dans le dernier extrait la capote n’est pas dans la table de nuit : j’admire ^^

  4. Magena dit :

    C’est marrant comme on devient exigeante sur certains points, hein^^. J’avoue que sur les fanfics, dans les UR qui ne sont pas contemporains, du coup, je zappais le préservatif. Beaucoup moins sur les UA. Et puis, dans les originales, c’est très rare du coup que je l’abandonne (d’ailleurs, la correction de Quitte ou double comprend l’usage du préservatif !).
    Allez, quelques extraits pour moi aussi :

    « Cependant, il n’eut pas le temps de poser de question. Quand il se redressa, Ivan lui tendait déjà un préservatif et une petite bouteille de lubrifiant. Le tout assorti d’un clin d’œil complice :
    « Allez, mets-toi sur le dos, enfile ça, écarte un peu les jambes et laisse la demoiselle descendre à son rythme. » »

    « Il lève le bassin, tente de trouver une position atténuant cette impression de vide, puis se raisonne en voyant Maxence enfiler son préservatif et l’enduire de lubrifiant. »

    « Elle le masturbait en ne suçant que le gland et Sébastien fut ravi que le préservatif atténue quelques sensations. » […] « Elle se leva, enlevant ses derniers vêtements, et alla fouiller son sac en quête d’un préservatif. Sébastien l’observait de dos et sentit son excitation grandir. »

    « D’un coup de menton, Justin lui désigne le pied du lit ; Matthias y voit le lubrifiant, une boîte de préservatifs […]
    — Tu ne comptes pas le soulager, Matt ? lui chuchote Justin, tout en le débarrassant de sa protection usagée.[…]
    Matthias se penche sur le côté juste à temps pour voir un nouvel emballage de préservatif plonger vers le sol, puis entend le sifflement d’inconfort de son petit-ami. »

    « Elle tendit ensuite le bras vers le siège conducteur et y attrapa la boîte de préservatifs. Alors qu’elle s’évertuait à ouvrir le paquet et à en déballer un sans l’abîmer, son amant rendait la tâche difficile, s’amusant à plonger un doigt dans son vagin humide à la recherche de son point G. Amandine balançait doucement son bassin pour intensifier la sensation agréable et entreprit de dérouler la protection sur le pénis engorgé. Une fois enfilé, elle en maintint la base et se hissa au-dessus du membre convoité. Timothée, pour seule aide, se contenta d’écarter sa culotte. »

    « D’une main, il s’empara du sexe de son ami et lui prodigua quelques caresses pour le faire patienter. Il se décala et tendit le bras pour attraper du bout des doigts ce qu’il convoitait. Il sortit de sa poche une boîte qu’il renversa au sol dans son empressement pour l’ouvrir. Il ramassa le premier préservatif à sa portée. Bien que ce ne soit pas conseillé, il déchira l’emballage de ses dents et mit en place la protection, la déroulant sur le membre engorgé. Une plainte lui fit lever la tête. Les yeux de Sasuke lui disaient sa frustration. Naruto lui-même aurait préféré s’en passer et pouvoir goûter directement la saveur inconnue de son ami, pourtant il avait toujours été prudent et ne comptait pas rompre avec tous ses principes en une seule soirée. Même avec Sasuke. »

    « – Viens chez moi ce soir.
    – Non.
    – Pourquoi pas ? Tu as laissé un stock de préservatifs à épuiser pour la semaine. »

    • Valéry Kumfu dit :

      J’adore la dernière. <3
      Oui, pareil dans la fanfiction : si les personnages n'en mettent pas dans l'oeuvre d'origine et/ou si les personnages sont dans un univers dans lequel il n'y en a pas (les ninjas…), je n'en ai jamais évoqué non plus : ça ne fait pas partie de l'univers, et puis voilà !

      • Opelleam dit :

        Oui, idem, je n’ai pas cherché dans mes fanfic UR, je savais que j’avais fais l’impasse (non mais avec ce que font les ninjas… je veux dire, ils craignent pas les MST!!). Et moi j’aime bien dans les tiens Magena les petites pointes d’éducation en plus, du genre : il ne faut pas les ouvrir avec les dents, c’est mieux d’en maintenir la base au départ ….

  1. 20 mai 2015

    […] d’avoir lu les avis de Valéry K. Baran (qui a d’ailleurs rédigé un billet détaillé ici) ou encore de Julie Huleux (dans deux posts différents). J’ai pensé qu’il faudrait […]

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