Sortir un livre avec Ulule 2/3 : comment animer sa campagne ?

Article précédent : Sortir un livre avec Ulule 1/3 : comment préparer sa campagne ?

Par Valéry K. Baran.

A 3 petits jours de la fin de la campagne, on continue notre série d’articles sur les « dessous » d’une campagne Ulule et on en profite pour vous raconter comment ça se passe de notre côté. 🙂

Comme on l’a vu dans l’article précédent : une campagne de crowfunding, ça ne se balance pas en mode « voilà c’est créé, maintenant je ne m’en occupe plus ! » : c’est un parcours, une expérience dans laquelle on va s’investir pour une durée, et donc durant laquelle on va communiquer.

Du coup :

Comment animer sa campagne Ulule ?

1) Auprès de ses fans

C’est le premier conseil que donne le site Ulule : contacter les proches/les personnes pouvant être intéressées.

Chez nous, ça nous a paru assez évident : ça fait des années que j’ai des lectrices qui me demandent pourquoi mon roman ne sort pas en papier, qui l’attendent et me demandent quand ça arrivera… C’est simple : je les ai donc informées en premier. Et d’ailleurs, ce sont les premières à avoir contribué à la campagne, et celles qui ont fait que, avant même que j’en parle sur les réseaux, la campagne atteignait déjà les 25%, c’est à dire 24h seulement après son lancement.

Toutes n’ont pas participé immédiatement : certaines l’ont fait tout de suite, d’autres après quelques jours ou une semaine, d’autres le feront surement encore d’ici la fin de la campagne, mais déjà… J’ai envie de dire que c’est rassurant. On ne balance pas son bouquin comme ça dans le « vaste monde » en demandant, inquiet , qui le voudra bien : on a déjà des lectrices, présentes, qui en plus de participer vont aussi nous épauler et ça, c’est déjà énorme.

26%

2) Auprès des blogueuses ayant déjà lu le livre

Ça c’est pour notre cas très particulier, puisqu’elles étaient plusieurs à connaître déjà cette saga de par sa version numérique. Mais, si c’est un nouveau livre, vous pouvez contacter les blogueuses que vous connaissez et/ou qui peuvent être intéressées, bien sûr.

Alors, ici, je veux dire quelque chose d’important :

Je n’ai offert de service presse à absolument personne.

Je le dis parce que j’ai déjà vu des auteurs dire que, sans ça, pas d’intérêt manifesté par les blogueuses, pas de com’ possible de leur part, etc. Mouais. Bon, voyez quelles relations vous avez les blogueuses que vous connaissez mais, pour ma part, non seulement je n’ai offert absolument aucun service presse, tout simplement parce que les droits de reproduction numériques de ce roman sont détenus par mon éditeur et que je ne peux donc offrir ni ebook ni livre papier (que je n’ai pas encore fait imprimer). Et je l’ai dit d’emblée. Et je n’ai même pas promis de goodies ou quoi que ce soit d’autre (même si, en vrai, je compte bien sûr leur en envoyer – bon, comme ça, vous l’apprenez ici, les filles 🙂 ).

Mais en plus, beaucoup de ces blogueuses ont contribué à cette campagne en achetant le livre ! Et une blogueuse qui n’avait pas encore lu cette saga mais a su que je cherchais des partenaires m’a dit direct « pas de soucis si tu ne peux pas m’envoyer ce roman, je vais l’acheter moi-même en numérique pour le chroniquer », et c’est ce qu’elle a fait (j’attends avec impatience sa chronique !!!).

Enfin, toutes se sont mobilisées pour faire connaître notre campagne, au point que, alors que je n’étais partie que pour demander si ça disait à certaines de m’aider, je me suis retrouvée avec un blog tour réunissant tant de participations de chacune (articles, chroniques, interviews, extraits…) que quasi tous les jours de notre campagne se sont trouvés occupés. Certaines ont mis en « post épinglé » l’annonce de la campagne Ulule, nombreuses ont partagé sans cesse nos posts, aimé, battu le rappel…

Franchement, on est entourées de blogueuses absolument géniales et, on en parlera mieux dans le dernier article mais ça aussi, tout ça, fait partie des éléments qui ont fait que cette campagne, qui était partie avec l’objectif modeste de permettre juste une impression papier pour les fans, s’est révélée être une expérience absolument extraordinaire.

Blog tour affiche

3) Auprès de vos contributeurs

En faisant des news régulières, en répondant aux commentaires, en demandant des partages… Bref, en s’impliquant !

Pour ça, franchement, ça vaut le coup de s’intéresser soi-même à d’autres campagnes Ulule parce qu’on voit très vite que, quand on contribue à une campagne, eh bien on a envie de voir son avancée ! On est heureux de la voir réussir, atteindre de nouveaux paliers, proposer de nouveaux bonus… C’est une aventure que l’on partage, donc c’est vraiment important d’être informé de sa progression.

J’en parlerai mieux dans la conclusion mais, au fur et à mesure que l’on avance, on se rend compte que, la réussite de cette campagne, nos contributeurs la veulent aussi à fond ! Et ça aussi ça motive à communiquer et à échanger, et à se bouger pour la faire cartonner, cette campagne ! Parce qu’on n’est pas seules à vouloir la faire marcher ; on est plein. 🙂

épreuves lancées

4)Sur les réseaux

Encore une fois, ce qu’ont fait les autres auteurs/artistes pour leurs campagnes Ulule est votre modèle.

Personnellement, je me suis inspirée de la campagne d’Apollonia Saint Clair, une dessinatrice de talent qui œuvre dans le même domaine que le mien, soit l’érotisme. J’avais apprécié suivre sa campagne, constituée de partage quotidien de ses dessins, et j’ai décidé de faire la même chose.

L'une des images de la campagne de cette dessinatrice de talent

J’ai donc préparé un partage quotidien de citations issues du roman, décrivant les personnages dans diverses situations : sexuelles ou plus romantiques, à deux ou plus, agrémenté de belles photos. Et j’ai fait la même chose avec les goodies et accessoires faisant partie des lots proposés en contrepartie.

Personnellement, j’ai aimé suivre ainsi celle d’Apollonia Saint Clair. Chaque jour a sa petite citation/sa petite image dont on peut profiter rapidement ou en y accordant une attention un peu plus importante, ça rappelle le fait que la campagne est en cours, et il n’y a pas d’appel à « vous devez participer », « on n’a pas encore atteint l’objectif »… Rien de tout ça. Juste un partage tranquille qui fonctionne en tant que rappel pour les intéressé.e.s, peut donner envie de participer aux autres, et marque un décompte jusqu’à ses derniers jours.

Par contre, encore une fois… ça veut dire que c’est du boulot. Un partage par jour pendant un mois, c’est une trentaine de citations à choisir, autant d’images à trouver/cadrer pour que ça passe sur facebook (ça aussi, pour moi qui écris de la romance érotique, il faut y penser), partager sur d’autres réseaux… Bref, du boulot, toujours.

Capture

Et puis j’ai aussi communiqué de manière plus variée.

Ces partages quotidiens permettaient de tenir le rôle de « fil rouge » de cette campagne, mais ils ont le défaut d’offrir un contenu plutôt répétitif, donc ça ne peut pas suffire.

On a donc communiqué sur :

  • l’avancée de la campagne,
  • les paliers atteints ou près de l’être,
  • les différentes étapes de la confection des livres comme la commande des « épreuves » papier,
  • les premières photos des épreuves reçues…

Je n’avais pas fait de vidéo au début de la campagne, tout simplement parce le travail déjà réalisé me semblait pas mal, et aussi parce que je séchais sur « comment faire cette vidéo » et que mettre dedans.

Et puis, finalement, en cours de campagne, j’ai eu non seulement le temps (et le fait d’en avoir laissé passer un peu après les préparatifs initiaux était sympa, aussi), mais aussi l’inspiration avec l’arrivée des épreuves dont j’ai pu me servir pour donner un coup d’œil sur les pages internes des livres. Et j’ai donc ajouté une vidéo.

C’est très simple, très court (une minute, ça suffit, non ?) et ça indique l’essentiel. Et toutes les images sont à nous et la musique est libre de droits (oui oui, c’est possible, donc). 🙂

Et, concernant toutes ces actions, on peut dire que, à chaque fois qu’une nouvelle action a été faite (nouvelle, hein ? On ne parle pas des posts quotidiens avec partages d’extraits), il y a eu de nouveaux contributeurs. C’est à dire qu’il y a eu des contributions très fréquentes au début de la campagne, puis de plus en plus espacées en milieu de campagne, avant que ça remonte sur la fin (à fond, même !!!) : c’est la fameuse « courbe en U » dont parle le site Ulule. Eh bien durant cette courbe basse du « U », à chaque fois que l’on a communiqué d’une manière différente, c’est à dire en apportant autre chose que ce dont on avait déjà parlé (lot bonus, photos, vidéo…), on a eu de nouveaux contributeurs.

4) De manière plus élargie

C’est à dire là où on n’est généralement pas trop à l’aise en tant qu’auteur, et pourtant… ça fait partie de la communication normale pour toute sortie de livre. On sort un bouquin, on communique.

Notre objectif de base était de permettre aux fans de ce roman de l’avoir en format papier, donc c’est logique de communiquer ainsi, parce que toutes ces lectrices ne suivent pas forcément notre page facebook ou ne sont pas abonnées à notre blog. Et puis, comme j’en ai parlé plus haut, petit à petit s’est ajouté l’objectif de faire encore mieux… de faire cartonner cette campagne, pour toutes les personnes que l’on voyait s’investir avec autant d’enthousiasme à nos côtés, alors on y va, et si ça peut aussi permettre de toucher d’autres lectrices pouvant être intéressées, c’est encore mieux ! 🙂

Après, inutile de spammer : personnellement, je suis intervenue 3 fois dans des groupes de lectrices, soit une fois au début pour présenter rapidement la campagne, une autre fois pour informer que, cette campagne ayant atteint les 100%, les contributions pouvaient être faites sans risque d’annulation, et puis une toute dernière pour annoncer l’imminence de la fin. C’est suffisant, je trouve.

Enfin, et c’est à signaler : le seul fait d’avoir une page Ulule permet de communiquer de manière plus élargie : parce qu’il va y avoir des gens qui vont découvrir votre campagne par ce biais, et qu’ils participeront.

5) Comment dynamiser sa campagne

En continuant tout ce qui a déjà été cité, bien sûr, mais aussi :

  • en faisant des paliers : à tel pourcentage atteint, un goodie en plus pour tout le monde, à tel autre palier tant de pages ajoutées, tel autre palier un concours débloqué… C’est sympa et ça motive les contributeurs à partager la campagne,
  • en faisant des concours : c’est à dire des tirages au sort parmi les contributeurs pour gagner tel ou tel lot,
1er concours (1)
  • en proposant plein de goodies gratuits de débloqués dans les tous derniers jours.

Là, actuellement, on en est là !

Après, ça oblige à re-sortir son fichier excell + re-jouer au petit magicien : « bon, je n’avais pas prévu de rajouter des goodies offerts ou un concours, mais si je fais ça en plus, quels frais ça ajoute par rapport à ce que… » (vous verrez que vous ne rangerez pas ce fichier excell avant la fin).

Mais là encore, c’est sympa et, franchement… Franchement : si on fait ce type de campagne Ulule, c’est justement pour ça. Parce qu’on a envie d’offrir plus que le livre… Une aventure partagée, un univers qui va vivre durant cette campagne, et ça passe aussi par ces goodies et bonus que l’on va pouvoir offrir. C’est ça, le plaisir que l’on a, et rien ne fait plus plaisir que pouvoir débloquer de nouveaux paliers et offrir de nouvelles contreparties.

Après, il y a des options que l’on n’a pas faites mais qu’on a vues dans d’autres campagnes Ulule, comme demander un certain nombre de partages et de commentaires sur des posts facebook pour débloquer des goodies ou paliers supplémentaires. Et pourquoi pas ? Il y a plein de possibilités différentes et observer ce qui se passe sur les autres campagnes est une très bonne inspiration.

Et bien sûr, après la campagne, ça se s’arrête pas : on espace bien sûr nos interventions, mais on informe nos contributeurs de l’avancée dans les préparatifs avant envoi de leurs lots et du jour de l’envoi, bien sûr.

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On se donne RDV pour le dernier article, qui sera le bilan de cette campagne, et où on fera le point sur ce que ça nous a apporté (par rapport à nos objectifs mais aussi de manière plus large), sur nos choix (étaient-ils bons ? A-t-on fait des erreurs ?). On a déjà une bonne partie de ce bilan en tête et pas mal de choses à raconter (ces articles ne seront définitivement pas courts) mais… patience !

On en reparle à la fin !

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Dernier article : Sortir un livre avec Ulule 3/3 : le bilan de notre campagne.

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2 réponses

  1. Jeanne dit :

    Ça a effectivement l’air d’une tonne de boulot, surtout si tu continues à travailler à côté! J’ai une question : les photos et visuels que tu as utilisés pour les mises à jour quotidiennes, tu les as trouvés où? Déjà quand j’en cherche un ou deux pour illustrer un article de blog sans avoir à payer, c’est la galère, alors en dénicher 30 pour 30 jours, ça me paraît mission : impossible!

    • Franchement… C’est énorme. Même sur la fin ! Là, je viens à peine de finir de faire tous les lots et de les déposer en relai colis ou à la Poste mais, sérieusement… ça m’a pris 2 jours ! En y passant des heures. Tous les lots sont différents (en fonction de ce qu’a pris chacun), il faut des enveloppes de taille différente, tout checker pour ne rien oublier, les dédicaces, les modes d’envoi différent, bien évidemment faire les factures et tenir la comptabilité… C’est un sacré boulot (mais c’est cool ^^).
      Et, très honnêtement, tout n’était pas du libre de droits. Quand j’ai cherché ces images, je suis allée sur des banques d’images gratuites et la plupart viennent donc de là-bas (celle qui est postée en illustration ici en vient, donc c’est pour dire qu’on en trouve des sympas), mais j’en avais aussi sur mon ordi qui datent de… aucune idée ! (d’une époque où je ne faisais pas gaffe à ça) et je me suis aussi permis de les utiliser pour compléter.

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