De l’homme objet dans l’érotisme

Valéry K. Baran

Issue d’une famille d’enseignants en littérature, Valéry K. Baran a baigné depuis l’enfance dans la passion de l’écriture. Après plusieurs années animées par une grande soif d’aventures, elle a finalement renoué avec ce premier amour, livrant aux lecteurs des histoires chargées d’érotisme. Ses récits torrides font cependant toujours la part belle à la romance.

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6 Responses

  1. C’est intéressant ce que tu dis surtout par rapport au M/M que tu veux transposer en M/F. L’homme-objet est un concept qui ramène aussi la femme et ses désirs au centre de la romance, en tant que personnage qui agit et qui s’assume.

    • En effet. 🙂 Je me souviens d’un article qui m’avait fait bondir, il y a quelques années, disant que les hommes appréciaient le porno parce qu’ils pouvaient y avoir une posture de « voyeur », et que les femmes l’appréciaient parce qu’elles pouvaient s’y projeter : à aucun moment, il n’était envisagé le fait que les femmes pourraient aussi aimer avoir ce rôle de « voyeuses » et les hommes se projeter dans le personnage masculin. Le concept l’homme-objet, c’est se réconcilier avec ce deuxième aspect du désir féminin, du coup.

  2. Nous avons une sensibilité commune sur ce point, et je crois qu’il s’agit de quelque chose qui va au-delà de l’homme-objet. Un amour immodéré pour l’homme en tant qu’être fascinant, et différent de la femme que nous sommes.
    Le fait de travailler quotidiennement dans un milieu d’hommes donne quelques pistes, mais tout autant que les femmes sont un mystère quasi insondable pour eux, une partie de leur mode de fonctionnement nous échappe totalement.

    Le succès du MM est une démonstration de cette fascination. On a enfin ouvert aux femmes les pensées de l’homme. Deux hommes ensemble, c’est la garantie d’avoir deux fois plus de testostérone sur papier glacé, ce qui titille notre imaginaire.
    Le fait que le public du MM soit majoritairement féminin (à différencier de la littérature gay) n’est donc pas un hasard. Il y a de la testostérone et de la romance. Bingo !
    A l’inverse, la romance FF intéresse un public bien plus restreint, partageant cette orientation sexuelle, la plupart du temps. La femme hétéro n’y trouve pas d’intérêt dans le sens où elle ne ressent pas de désir pour une autre femme, ce qui rend sa projection au sein du couple moins évidente, d’autant qu’il y manque un élément symbolique de l’homme : la pénétration phallique avec éjaculation (signe extérieur du plaisir de l’autre).

    L’homme fascine la femme hétéro (je généralise, mais les réactions du public le plus actif dans le MM me confirment cette impression).
    En lui permettant de s’immiscer dans sa psyché et encore plus loin, dans sa façon de ressentir le plaisir, on lui donne le pouvoir de contrôler le propre désir qu’elle ressent pour l’homme.

    Et je partage ta façon de concevoir les personnages, étant moi-même une adepte de l’abandon masculin entre les mains de la femme qu’il aime ou désire. Il y perd en « autorité » ce qu’il y gagne en émotion. Quoi de plus sexy qu’un mâle alpha qui accepte d’alterner les rôles dominé/dominant ? Il permet à sa partenaire de jouer à égalité, dans un schéma de couple adulte et respectueux de l’autre.

    • C’est une façon de s’approprier le désir de l’homme, c’est vrai : son désir, son plaisir, son ressenti…
      Oh et ça me rappelle que j’avais adoré ta nouvelle dans « 20 histoires de sexe et de pouvoir », à la Musardine, exactement pour la manière dont tu as traité ça, justement : le rapport de pouvoir qui parait évident dans un sens, puis qui oscille, s’inverse, oscille encore… Et l’homme qui se donne finalement d’une certaine façon à la femme !

  3. samounette29 dit :

    J’aime beaucoup ta réflexion dans cet article. Je ne m’identifie jamais aux personnages donc comme pour toi, le m/m me touche. J’aime aussi beaucoup cette notion de « don » de soit et j’aime particulièrement la notion de « c’est cette personne qui me fait tourner la tête » quel que soit son genre; qu’on retrouve assez souvent dans le m/m avec un personnage hétéro ou bi qui va craquer sur un personnage du meme sexe que lui. Et qui au final.. va se donner à son partenaire souvent encore plus que le personnage initialement homo.. je ne sais pas si je suis claire;..
    bref chapeau en tout cas pour retransposer ça dans le m/f et j’avoue que tu m’intrigues de plus en plus avec L’initiation de Claire^^

    • J’avoue beaucoup aimer le sujet de la bisexualité, aussi, ou du personnage s’étant cru dans une orientation et que la rencontre avec quelqu’un en particulier va forcer à accepter de suivre la part de lui-même qu’il avait laissée enfouie jusqu’à présent…
      Et, si tu lis L’initiation de Claire, tu me diras, alors ? Ca m’intéresserait d’avoir ton avis à ce sujet, justement. 🙂

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