Plaidoyer pour l’érotisme en jeans

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4 réponses

  1. Jeanne dit :

    Trooop!!!

    Je ne connaissais même pas ce mot, le « candaulisme »… LOL Perso, je ne lis pas trop d’érotique, mais je dirais que j’ai le même genre de réflexion pour la romance au sens large, où dominent encore les personnages financièrement aisés, voire très aisés; ou, à tout le moins, c’est ce qui est désigné comme étant « désirable », à travers par exemple le héros qui va tirer l’héroïne pauvre de sa misère (j’aurais aussi énormément de choses à dire sur la représentation de la pauvreté en romance…), ou bien le héros ou l’héroïne qui vont se tirer tout-e seul-e de leur misère grâce à une idée business de génie (là aussi, image biaisée du monde des affaires et de l’entreprise, à mon avis)… Bref, c’est toujours là qu’on finit, c’est l’aboutissement, c’est comme une composante nécessaire du HEA.

    En tant que lectrice, si c’est bien fait, je m’accommode quand même d’un peu toute sorte de chose. Mais, en passant du côté de l’écriture, je m’aperçois comme toi que j’ai beaucoup de mal à écrire ce genre de personnage, parce qu’ils ne m’intéressent pas, ou ne me semblent pas « vrais ». Ou alors… il faut que je les déchoie d’une manière ou d’une autre, pour qu’ils finissent plus conformes à mon idéal. Dans mon dernier texte, une fois n’est pas coutume, j’ai écrit un héros de classe moyenne aisée, avec costard et tous les attributs habituels. Je ne sais pas si ce sera apparent à la lecture, mais mon intention était d’y infuser une critique sous-jacente (mais bienveillante, car je l’aime, mon héros!) de sa vie et de ses « problèmes de riche »… et, évidemment, il va devoir sortir de toutes ces bêtises pour mériter son HEA.

    Enfin, il y a toujours la possibilité de démythifier ce qu’est le « strass », le luxe, etc. C’est quelque chose qui m’intéresse aussi. Par exemple, une de mes futures héroïnes est mannequin, mais je n’ai pas l’intention de vendre du fantasme pour autant… J’ai envie d’écrire ça parce que c’est ça aussi, la réalité! Une de mes amies proches a été mannequin chez Ford; ma sœur aussi a été mannequin à Montréal et à Singapour, et… elles sont des filles normales, avec des problèmes normaux, comme tout le monde! (Enfin, si tant est que quiconque soit « normal »…)

    Voilà, désolée d’avoir pris tant d’espace pour parler de moi… Je vais de ce pas jeter un œil à tes nouveautés; ça m’a bien donné envie! (Entre cet article et celui de Jo Ann pour un « héros (plus) banal », je crois qu’on devrait monter un club! ;-))

    • Ha ha, il faut que j’aille lire l’article de Jo Ann, alors. 🙂
      Oui, même combat dans la romance. Après, ça fait rêver les lectrices, c’est cool, mais que de sur-représentativité, du coup. Je me demande si, comme dans l’érotisme, ce n’est pas un truc que s’imposent les autrices, en fait : de rajouter du strass pour rendre leur histoire plus susceptible d’accrocher les lectrices. Sauf qu’il y en a chez qui ça ne marche voire que ça fait grognouter (et je te lirais bien aussi ^^).

      • Jeanne dit :

        En même temps, pourquoi ça fait rêver? Est-ce qu’à un moment, il n’y a pas un léger effet « lavage de cerveau », où on nous a tellement dit partout que c’est ça, le rêve, et pas autre chose, qu’on le pense sans l’avoir réellement choisi… Et sinon, oui, tu parles de cette sorte d’autocensure dans ton article, et je l’ai ressentie aussi. Mais je crois qu’au final, pour moi, ça devient plus souvent un détournement des clichés qu’une simple répétition. Même si c’est risqué en soi, et je ne veux pas non plus tromper les attentes des lectrices, mais j’aime bien l’idée qu’on part d’une situation initiale un peu cliché, où les lectrices vont se sentir en terrain connu, familier, et puis au fur et à mesure de l’intrigue, on complexifie et on change ça subtilement, jusqu’à les amener quelque part où elles ne s’attendaient pas à aller… Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens de l’extérieur, les codes ne sont pas une prison qui nous obligerait à écrire toujours la même chose. Ce sont des balises qu’on est libre de réinterpréter.

        • Je partage tout à fait ton goût pour le détournement de cliché. 🙂 C’est tellement sympa de le faire ! Pour plusieurs raisons : pour de l’humour, pour une approche critique, pour emmener le lecteur à s’interroger sur ce qu’il apprécie dedans et lui proposer autre chose… C’est toujours intéressant et ça peut donner quelque chose d’assez riche, finalement.
          Et je n’ai pas réussi à commenter l’article de Jo Ann (#bug ou je ne sais quoi) mais je l’ai lu et il était très intéressant.

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