« Salut les filles ! J’ai une idée à vous soumettre » (ou comment écrire sur commande un projet complètement fou) – 3/5

Par Valéry K. Baran et Hope Tiefenbrunner.

Résumé de l’épisode précédent : Nous avons enfilé nos casquettes de professionnelles qui savent ce qu’elles veulent et le font (un peu comme Kirikou, mais derrière un clavier d’ordinateur) et demandé à Sophie, notre wonderfull éditrice, de valider chacun des détails de notre projet avant de nous mettre à l’étape de rédaction du roman en lui-même (et wonderfull Sophie a dit « yes »).


Nous voilà donc parties sur la rédaction en elle-même. Mais, à ce point-là du récit de nos aventures, on va cesser de faire des cachotteries sur ce que nous a demandé exactement Sophie. Et pourquoi il fallait faire tout ce travail au préalable. Et pourquoi c’était mieux d’être deux pour ça. Et comment on a compliqué encore ça.

Eh bien voilà : Sophie nous a demandé une histoire dont vous êtes l’héroïne. Mais en érotique. Et en romance, aussi (enfin, elle ne l’a pas précisé, mais on est chez Harlequin, hein ? Il était évident qu’on partirait sur une romance). Et alors…

Bon, déjà, c’est compliqué. Je ne sais pas si vous avez déjà lu des histoires dont vous êtes l’héroïne auparavant, mais Val en a lu en érotique et Hope en aventure il y a longtemps, et il y a un énorme problème qui bloque un peu pour un développement en romance : il est à peu près impossible de construire un développement psychologique ! Disons-le franchement : comment écrire un personnage qui évolue, si l’enchaînement des chapitres n’est pas défini ? Pareil pour le principe d’avoir une histoire « dont vous êtes l’héroïne » : généralement, les caractères des héros/héroïnes sont alors extrêmement peu développés, de manière à ce que le lecteur/la lectrice puisse se projeter au mieux dedans, mais comment développer une romance si le personnage principal n’est que très faiblement caractérisé ? Du coup, c’était vraiment les réserves qu’on avait sur le projet, et ce qui nous faisait nous dire que ce serait trop compliqué, casse-gueule… Certes, on pouvait écrire une histoire où l’héroïne aurait des aventures sexuelles avec divers personnages, mais si on ne lui donnait pas une vraie personnalité, et une évolution, comment les lectrices pourraient-elles s’attacher aux personnages ?

Du coup, on a décidé de prendre le projet autrement : on n’allait pas écrire une histoire dont vous êtes strictement l’héroïne, mais une histoire dans laquelle vous pourrez décider du devenir de l’héroïne ! Et en particulier du personnage avec qui elle finirait ! Ah ah ! C’est déjà plus intéressant. La chick-lit s’imposait, du coup, avec la possibilité de choisir si l’héroïne va vivre une scène avec un personnage ou un autre, va écouter ce que veut lui dire l’un ou va lui raccrocher au nez, va tomber sur l’un ou sur l’autre au moment où elle ouvre la porte… et ce qu’elle va faire, et ce qu’elle va décider… et, surtout, à quel point elle va faire des conneries. Parce que c’est ça, l’évolution globale qu’on a décidé de développer. Ce serait une histoire dans laquelle la lectrice pourrait décider de la misère qu’elle allait faire à l’héroïne. Avec une héroïne à la Bridget Jones mais en version libertine qui essaye de se racheter une vertu en vue de son futur mariage : autant dire qu’elle part déjà avec un gros handicap, mais elle va en plus se retrouver avec 4 intérêts amoureux différents sur son chemin. Et aux lectrices de faire les choix qui les tenteront le plus, mais aussi les feront le plus rire. On a vraiment construit cette histoire sur un mode double : sulfureux (si vous en faîtes le choix !) et surtout : drôle. Très drôle. Pour s’amuser, vraiment. Et on a énormément ri en l’écrivant.

Bref, de projet un peu fou, on était passées à projet Dantesque, mais on s’y est attaquées. Et comment est-ce qu’on a fait pour y parvenir ? Et est-ce que ça a été simple ?

Loin de là, en fait, mais on en parle dans le prochain et avant-dernier article.

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2 réponses

  1. Stephie dit :

    Je suis curieuse car j’avais lu un truc de ce type déjà en chick-litt avec un brin d’érotique et j’avais trouvé ça raté. (Impossible de me souvenir du titre mais je crois que c’était chez Lafon)
    Je vous lirai sans hésiter du coup

    • Ha ha, j’espère que ça plaira, alors !
      Il faudrait que je retrouve le nom de celui que j’avais lu, aussi (pur érotique, pour le coup), mais oui, ça ne m’avait pas emballée non plus, même si, de mémoire, c’était très bien écrit. C’est vraiment le souvenir que j’ai : manque de développement psycho des personnages, donc manque d’attachement pour eux, quoi. En soi, si on n’a pas accroché aux persos, on s’en fout un peu que héroïne anonyme couche avec beau mec mystérieux 1 ou beau mec intriguant 2, je trouve. Il faut qu’il y ait un vrai roman derrière.

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